De vous à moi

COMMENT LE JEU VIDÉO M’A AIDÉ DANS LA VIE [DEUXIÈME PARTIE]

Dans la première partie je vous parlais de mon enfance et de ce qui m’a amené à devenir une gameuse. Peut-être que vous vous êtes déjà posé ces questions :  » quels sont les avantages et inconvénients du jeu vidéo ? » ou « les jeux vidéo, à quoi ça sert ? », ici vous rencontrerez une partie de mon expérience et vous allez savoir comment le jeu vidéo a pu m’aider à développer des compétences humaines, à vivre des expériences sociales mais aussi m’aider à apprendre sur mon moi intérieur (mes forces et mes faiblesses). Bienvenue dans la deuxième partie de « Comment le jeu vidéo m’a aidé dans la vie ».

L’informatique et les jeux en ligne

J’ai toujours adoré utiliser l’ordinateur pour tout et n’importe quoi. Je ne l’avais plus utilisé pour du jeu vidéo depuis longtemps, à une époque où il y avait des démos offertes dans des magazines (je me souviens surtout de Quake III Arena), mais j’ai pu faire mes premiers pas dans le MMO* sur Lineage II, des premiers pas un peu chaotiques puisque je n’y connaissais rien et que j’essayais de m’intégrer sur un serveur gratuit. J’ai commencé à découvrir des jeux vidéo sur PC en plus des jeux que je connaissais déjà sur la console, et j’avais compris que le public n’était pas le même. Les jeux sur Pc c’était un peu plus sérieux et plus « adulte ». C’était un univers qui me paraissait beaucoup moins accessible qu’il ne l’est aujourd’hui.

*MMO : Jeu en ligne massivement multijoueur

Il était fort probable qu’un jeu en ligne me rende très curieuse. J’ai commencé à jouer à GuildWars2 vers mes 21 ans. J’ai acheté le jeu en ligne et fait mon premier personnage (une élémentaliste, une classe pas vraiment des plus simples à maîtriser). Je me suis mise à découvrir un incroyable et vaste monde ouvert. Le premier argument qui me poussait à jouer à ce jeu, c’était cette impression de voyager dans un univers fantastique. Ce qui m’intriguais énormément, c’était ce qui caractérise le MMO: ce monde immense où tous les joueurs se retrouvaient au même moment. J’ai ressenti une curiosité énorme en avançant dans le jeu, en découvrant les paysages, les villes et en regardant l’immensité de la carte qui me restait à découvrir. Ce jeu offre une diversité d’exploration qui n’as presque pas de fin. Et c’est sans parler de l’excitation que j’ai ressentie en découvrant les dragons qui survolent la Tyrie (monde de GuildWars) en monde ouvert. On peut dire que dans ce jeu, j’ai fait un long voyage et pris plusieurs millions de photos des paysages magnifiques qui m’ont émerveillé à travers un écran.

Une porte de sortie

En rencontrant ma première guilde sur GuildWars, je me suis tout de suite beaucoup plus investie dans le jeu et c’était par la suite devenu un prétexte de fuite. Pour fuir les problèmes que j’avais à l’époque : Un travail peu glorieux dans lequel je ne m’épanouissais pas et où j’étais exploitée et harcelée, la non-acceptation de ce que j’étais, mais aussi mes problèmes de famille. Un chaos général dans lequel je me sentais perdue. Avec GuildWars 2, je me sentais moins seule quand j’avais besoin de contact et d’amitié, mais aussi j’avais des objectifs dans le jeu qui me permettait d’être centrée dans ce domaine.

Le premier objectif dans le jeu était de faire évoluer mon personnage pour devenir aussi forte et expérimenté que le reste de la guilde et pour pouvoir faire des donjons*. Cet objectif m’as demandé beaucoup de patience.

*donjon : épreuve de groupe dans une ou plusieurs salles qui amène à un boss final pour débloquer une récompense importante.

Pendant cette période, je me suis réfugiée dans ce jeu vidéo, et je vais vous expliquer pourquoi, mais attention : je me suis réfugiée dans le jeu vidéo comme j’aurais pu me réfugier dans tout autre activité (combien de fois je me suis isolée dans ma musique par exemple). Et si vous lisez cette partie, il est important d’aller jusqu’au bout de l’article.

Parler à ma famille était difficile pour moi, je pensais clairement avoir raté toutes les étapes importantes de ma vie. Je pensais au plus profond de moi être une personne pas faites pour réussir la vie et j’avais honte, alors incarner une héroïne qui réussit ses exploits et partager ces réussites avec d’autres personnes, cela devenait la seule option du moment qui me faisait me sentir utile et fière. J’étais fière de mon personnage, j’étais fière de ses qualités, je faisais attention à son apparence et elle devenait ce que je voulais qu’elle représente. J’ai créé d’autres héroïnes toutes plus fortes les unes que les autres. J’ai passé des journées entières à donner de la progression et de la valeur à ma vie In Game. Il m’est arrivée de sauter des repas pour fuir un repas familial où l’on allait me supplier de lâcher l’ordinateur. Cependant, je n’ai jamais oublié de manger ou de dormir, même si quelques fois je frôlais cette limite de près. Manger, Dormir, Boire, se laver, je le faisais encore. Tant que j’avais du contact humain dans le jeu à qui montrer mes exploits et avec qui faire des donjons, il m’était difficile de changer de support, d’arrêter complètement ce jeu ou de ne pas me connecter dans la journée si j’étais chez moi. C’était une solution à une tristesse, une échappatoire, mais je ne sais pas ce que je serais devenue si je ne l’avais pas eu.

Les MMO sont souvent chronophages, non seulement il y a toujours du contenu dans le jeu, mais aussi il y a le contact avec les autres joueurs et qui peut devenir exclusif.

jeu vidéo GuildWars2

J’étais spécialement à la limite de l’addiction néfaste, et aujourd’hui je sais que si j’avais ce comportement, c’était pour fuir une souffrance bien réelle que je n’arrivais pas à voir ou à définir sur le moment. Au fil du temps passé sur GW2, j’ai pu ressentir la fuite positive et instructive que le jeu m’a donné. J’ai appris que je pouvais avoir des défauts de relation sociale due à des problèmes émotionnels et une situation réelle qui ne me rendait pas heureuse. Il y a eu du positif dans la révélation du négatif.

Une entreprise In Game

Dans notre guilde, il était interdit d’appartenir à une autre guilde. Cela peut paraître complètement stupide et puéril d’en arriver à ces extrêmes, seulement quand on prend le jeu avec un peu de sérieux, on peut comparer une guilde à une petite entreprise. Je vous explique : dans une entreprise ou organisation, on vous demande d’être disponible pour le bon fonctionnement et l’avancement de celle-ci, dans une guilde c’est exactement pareil ! Dans un jeu comme celui-là, on espère faire avancer la guilde (parce qu’on en a besoin pour avancer aussi de manière personnelle), et pour cela il faut une volonté collective, sans les autres, nous ne gagnons pas. Du coup, on trouve dans quasiment toutes les guildes des règlements à respecter, voir des taxes en monnaie de jeu (et oui).

C’est alors dans cette optique que le MMO (Multi Massive players Online) m’a apporté beaucoup. Je suis devenue officière : j’avais pour but de recruter, former mais aussi j’aidais les gens à avancer. Je sacrifiais mes besoins pour les besoins de l’équipe, je veillais au respect du règlement intérieur, j’étais disponible tous les jours et pour tout le monde, je prenais les réclamations, je les soumettais au chef en essayant d’arrondir les angles et de rendre les règles parfois plus souples. Lors d’une sortie en missions de guilde, je veillais à attribuer les rôles de chacun et à la préparation. Voilà ce que l’on appelle un lead ou plus communément « un manager » ! Et je prenais du plaisir à le faire, j’ai alors appris que j’étais capable de manager une équipe et cela m’a déjà servi professionnellement (même si je n’avais pas le statut de manager), les compétences interpersonnelles que l’on développe dans une guilde m’ont réellement servi à mieux travailler en équipe, cela me servira à l’avenir encore. Les gens qui jouent aux jeux vidéo sont avant tout des humains qui forme une alliance, une guilde, un clan, un groupe, une team, bref une forme d’entreprise.

Beaucoup de liens se sont formés dans cette guilde . Nous avions fait plusieurs rencontres IRL (dans la vraie vie) et c’était tellement étrange de ne plus s’imaginer avec la vision du personnage mais de se voir tel qu’on était, et on s’est rendu compte que l’on continuait à se parler, exactement de la même manière que dans les discussions en ligne, et cela passait plutôt bien.

le social dans les jeux vidéo/ Illustration : Vanessa Kourdaci @vanessk_dessinatrice

Ce que j’ai retenu c’est que les partages entre humains dans une guilde ou un clan sont très forts : nous vivons des réussites, des défaites, des intégrations de nouveaux membres, des disputes entre membres, des fous rires intenses, nous vivons tout ce que pourrai vivre une équipe dans un sport par exemple. Quand il y a une mauvaise gestion des relations, alors cela peut avoir des conséquences très néfastes sur le groupe. Il y a des comportements que j’ai eu et également ceux de l’équipe de gestion de la guilde, que je regrette. Il faut prendre conscience de nos erreurs, nous sommes humains Mais être mauvais gestionnaire n’est pas définitif, on peut toujours s’améliorer. Le jeu vidéo nous apprend constamment à nous améliorer.

Nous avions poursuivi notre entente sur d’autres jeux comme Diablo III et Destiny, des jeux très intéressants à jouer en coopération.

Aujourd’hui, j’ai gardé très peu de contact avec ces personnes : une séparation, un nouveau départ et la volonté de laisser des douleurs derrière moi, les chemins de vie ont fait que je n’ai plus joué avec eux et j’ai été virée de la guilde. J’ai juste eu l’occasion d’avoir quelques nouvelles via les réseaux.

Cette expérience m’a vraiment heurtée quand elle a pris fin, comme j’ai eu beaucoup de mal a quitter beaucoup de mes amis dans la vraie vie et que chacun prenne son chemin à un moment donné, mais j’ai appris énormément sur moi, sur mon comportement et mes points forts dans un groupe. J’ai appris à prendre le temps de voir où sont les limites, et de connaître la place du jeu vidéo dans ma vie, ne plus l’utiliser comme fuite mais toujours comme un loisir et d’être toujours dans l’appréciation du jeu. Je sais également aujourd’hui que je le jeu vidéo rapproche les êtres humains et peux les aider à devenir soudés.

Le partage IRL*

*In Real Life (dans la vraie vie)

Dans une grande partie de ma génération, le jeu vidéo touche presque tout le monde. Il peut également beaucoup rapprocher dans la vraie vie : au boulot, dans une salle de classe ou dans une réunion de plusieurs personnes, les gamers s’apprécient entre eux de manière générale. On peut échanger sur le jeu vidéo comme l’on pourrait échanger sur des films ou des séries. Quand je suis arrivé en entreprise souvent, ou dans un groupe lors d’une formation, quand je me présentais et que je disais que j’étais fan de jeux vidéo, tout de suite cela suscitait une intrigue, surtout chez les hommes et jeunes hommes (n’allait pas penser que cela me plaisait spécialement, je me sentais plus comme une femme différente des autres). Il faut dire que de leur point de vue, une femme qui assume pleinement sa passion pour le jeu vidéo, ce n’est pas banal. Ce que je trouve un peu triste d’ailleurs, puisque des femmes qui jouent, il y en a.

J’ai eu la chance d’avoir des échanges enrichissants, et j’ai pu développer plus de liens avec ces discussions. Parler de jeu vidéo autour de moi m’as clairement aidé à établir des liens.

Le jeu vidéo a développé ma curiosité

Jouer aux jeux vidéo a éveillé ma curiosité sur des faits d’histoire. Quand j’étais à l’école, j’ai été trop souvent en échec scolaire, les cours d’histoire me faisaient clairement ch*** . Faut dire que les programmes ont clairement pour but d’assommer plutôt que d’éveiller, en tout cas c’était le cas à l’époque. Découvrir un Assassin’s Creed a clairement piqué ma curiosité sur des faits d’histoire et les différentes époques. En jouant à Assassin’s Creed, je me suis surprise à faire des recherches sur Google sur Napoléon par exemple (un exemple parmi tant d’autres). Ubisoft a un catalogue de jeux sur des thèmes d’histoire assez riche.

La fête au village

Quelques fois, jouer à des jeux communautaires m’ont éveillé sur les traditions et les fêtes traditionnelles. Il existe sur la plupart des jeux en ligne des événements de saison, pour fêter Halloween, Noël, Pâque ou l’arrivée du printemps.

Au-delà de ces deux points, il y a vraiment une recherche dans l’histoire, les quêtes mais surtout les mystères et secrets des jeux qui nous rendent curieux. Ma curiosité dans le jeu vidéo est récompensée, et elle l’est pour tous les joueurs en général (découverte d’un objet rare, d’une nouvelle histoire).

Le jeu vidéo m’as aidé à apprendre l’Anglais

J’ai eu cette envie en arrivant dans le magasin où je bossais à Paris. Je voulais apprendre l’anglais, j’en avais besoin. Je me suis posé la question et j’ai posé la question autour de moi : Comment faire pour apprendre au mieux sans formation ? J’ai alors passé la plupart de mes films et série en Version originale sous-titré en Français pour commencer, puis en VO classique. C’était déjà un début mais peu suffisant. Je passais plus de temps sur les jeux vidéo. En conséquence, j’ai décidé de passer la plupart de mes jeux en anglais. Je me suis forcée au début et puis je m’y suis habituée et cela m’a fait énormément progresser !

Une mixité dans la communauté

Les jeux communautaires en ligne mélangent les serveurs pour beaucoup, je pouvais me retrouver avec des joueurs qui ne parlais pas Français assez régulièrement. Pour communiquer avec eux, j’ai dû me lancer à parler un anglais très approximatif au début, puis comme je ne comprenais pas toujours leur anglais bien meilleur que le miens, je me suis motivée à apprendre. Devoir écrire et lire en anglais presque tous les jours m’a forcée à m’améliorer.

Apprendre à progresser

Le jeu vidéo, comme le sport ou tous les jeux de manière générale, apprends à vouloir progresser. Comme la curiosité, la progression dans les jeux est très récompensée.

Même moi j’ai quelques fois tendance à l’oublier, on ne devient pas bon sur un jeu vidéo du jour au lendemain. Il faut s’entraîner et pratiquer pour progresser. C’est pourquoi certains jeux sont pratiqué en e-sport. Des joueurs à force d’entraînement acharné et intensif depuis jeune développe des capacités dans un jeu vidéo assez rare et se surpasse. C’est incroyable à regarder et impressionnant quand on sait à quel point il est difficile d’obtenir un bon niveau sur le jeu en question. Un des meilleurs exemples de l’e-sport pour moi c’est Kayane.

Kayane : joueuse professionnelle de jeux de combats, spécialiste e-sport. / @kayanefr

Le compétitif n’as jamais été pour moi avec mon caractère de feu et il faut dire que je n’ai jamais pris le temps de m’entraîner à fond sur un seul jeu, cependant les jeux solos, les jeux en coopération m’ont aussi appris à perdre et à persévérer pour gagner. J’ai également appris à mettre en place une stratégie et prendre du recul sur ce que je fais pour pouvoir avancer. Être consciente de ses erreurs pour ne plus les reproduire et vaincre des ennemis redoutables.

Aujourd’hui, le jeu vidéo me révèle professionnellement

Le jeu vidéo a été la principale raison pour laquelle je me suis intéressée à l’informatique, aux consoles, aux smartphones, à l’univers numérique mais aussi aux réseaux sociaux. À l’époque où j’étais vendeuse, j’ai eu l’occasion de toucher de plus près le high-tech et cela m’as toujours plu, c’est cohérent avec ma passion. Je me suis alors beaucoup auto-formé sur les nouveautés, les composants, l’univers connecté. Pendant quelques années j’ai pu transmettre mes connaissances au travail. En prenant la décision de changer de métier, il était évident que je devais faire quelque chose qui correspond à mon univers et je ne m’imaginais pas que ces connaissances me mèneraient sur un métier en particulier. J’imaginais que ces connaissances étaient un simple bonus dans le professionnel. Je remercie d’ailleurs ma conseillère de bilan de compétences chez Orient’action qui a su m’ouvrir les yeux là-dessus.

Voilà comment le jeu vidéo m’a aidé

Dans toutes mes compétences aujourd’hui, je peux compter : une grande curiosité ; une culture informatique ; un savoir-faire interpersonnel ; l’anglais et une volonté de progresser. Et tout ça, c’est réellement une partie des choses que je dois aux jeux vidéo. Et encore je n’ai cité qu’une partie, le jeu vidéo continue à m’apporter beaucoup encore aujourd’hui, que ce soit à travers les réseaux sociaux, l’épanouissement dans l’écriture à travers ce blog ou le contact social sur la console dans un jeu en particulier (Monster Hunter). Le jeu vidéo est un domaine culturel qui est riche et apporte beaucoup aux joueurs(ses), je me demande encore comment il est possible aujourd’hui, que certaines personnes le sous-estime et le juge sans le connaître réellement. Je tiens à le dire : NON, les jeux vidéo ne rendent pas violent, ils ne rendent pas débile, ni maladif. C’est même plutôt le contraire.

Pour les personnes qui ne connaissent pas le jeu vidéo ou très peu, je vous conseillerai de l’essayer, d’apprendre à le découvrir avec un esprit ouvert et curieux. Si vous aimez l’art, vous y trouverez une multitude d’arts différents réunis et vous trouverez forcément des moments de contemplation et de poésie. Vous pouvez trouver aussi de la technique et quelque chose de plus sportif si cela vous intéresse. Je pense réellement que le jeu vidéo est tellement riche aujourd’hui qu’il a le pouvoir de satisfaire n’importe quelle personnalité. Un article sur les jeux vidéo à tester pour les novices vous plairez ?

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Journal d’une Gameuse

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