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Hyperesthésie et jeux vidéo : comment gérer

Aujourd’hui, nous allons continuer d’explorer l’impact de l’hypersensibilité dans la pratique des jeux vidéo en parlant de l’hyperesthésie. Si vous ne savez pas ce que cela signifie, je vais tenter de vous l’expliquer tout au long de cet article. Peut-être que vous vous reconnaîtrez dans ce dont je vais vous parler, peut-être pas. Mais si c’est le cas, j’espère de tout cœur que les solutions qui ont facilité ma vie de gameuse vous aideront aussi !

Qu’est-ce que l’hyperesthésie ?

Commençons par quelques explications rapides, l’hyperesthésie désigne une hypersensibilité d’un ou de plusieurs sens. C’est le fait d’avoir une perception sensorielle très développée. Ou en d’autres termes, ressentir très intensément tout ce qui touche à certains sens. Entendre nettement les sons, capter plus de détail avec ses yeux, sentir plus finement les odeurs ou goûter séparément chaque saveur d’un plat. L’intensité de ses ressentis peut être un véritable cadeau comme être très dure à vivre, car elle peut se transformer en gène ou en douleur. Malheureusement, nos 5 sens ne captent pas que le bon loin de là et l’expérience peut alors se révéler très désagréable.

Comment se manifeste-t-elle ?

La vue

L’hyperesthésie visuelle se manifeste par un sens de l’observation très développé. C’est le fait de percevoir avec plus de précision tous les détails de son environnement. Mais ce n’est pas tout, les hyperesthésiques visuel ont aussi une sensibilité assez accrue à la lumière, sa couleur, son intensité ou son positionnement dans une pièce peuvent poser problème. C’est principalement ce qui va nous intéresser aujourd’hui vis-à-vis des jeux vidéo.

L’ouïe

De la même façon que pour la vue, l’hyperesthésie auditive est le fait de capter un spectre de fréquence sonore plus large mais aussi d’entendre plusieurs sons simultanément. Cependant, cette simultanéité ne veut pas dire qu’ils sont tous compris. Isoler une conversation peut parfois s’avérer être un véritable défi. Et le revers de la médaille, c’est que les bruits sont souvent trop forts et ou trop persistant. C’est aussi l’un des sens dont nous allons parler dans la suite de cet article.

L’odorat

L’hyperesthésie olfactive permet de distinguer les odeurs de façon plus fine et plus précise que la moyenne. L’odorat développé permet de sentir des odeurs plus lointaine et discrète, mais ces dernières sont loin d’être toujours agréables. Un parfum trop entêtant ou une odeur nauséabonde peuvent vite devenir un véritable cauchemar pour les hyperesthésiques.

Le toucher

À la manière des autres sens, l’hyperesthésie qui concerne le toucher, rend ce sens beaucoup plus sensible. Qu’il s’agisse d’une matière d’un tissu ou d’un objet, d’un contact humain, de la chaleur ou de l’humidité, tout est ici aussi décuplé, pour le meilleur comme pour le pire.

Le goût

Vous l’aurez compris, ici la mécanique est la même, l’hyperesthésie gustative permet de goûter avec beaucoup plus de précision et de sentir des arrière-goûts très léger. Évidemment, cela rend aussi les hyperesthésique assez exigeant avec la nourriture. Certains goûts sont impossibles à ingérer et tout peut devenir très vite écœurant.

Mon expérience

Maintenant que les définitions sont posées, je voudrais d’abord vous dire que c’est un sujet qui n’est pas simple à aborder pour moi. Dans un premier temps, c’est parce que c’est une prise de conscience assez récente. L’hyperesthésie est compliquée à appréhender. Je me suis bien rendu compte que j’avais une sensibilité plus élevée que certaines personnes de mon entourage à différents stimuli, mais je n’avais aucun élément qui m’aurait permis de comparer leur ressenti au mien. 

Je pensais que c’était des événements isolés, je me rends compte que c’est finalement beaucoup plus global. C’est quelque chose de très intime et personnel qu’il faut prendre le temps de comprendre et d’explorer. Chez moi, elle se manifeste principalement au niveau de ma vue et de mon ouïe, même si elle touche aussi mes autres sens. Je n’ai d’ailleurs pas fini de découvrir l’impact qu’elle a sur moi et sur mon quotidien. Mais bien que j’en sois au début de mon parcours, j’ai eu envie de vous partager ces premières découvertes qui m’ont beaucoup aidé à me comprendre à améliorer mon bien-être.

Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est le livre « Je pense trop » de Christel Petitcollin (je remercie Céline de me l’avoir conseillé). La façon dont l’hyperesthésie est présentée est bienveillante et claire. Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus, vous pouvez commencer vos recherches par là. 

Et dans les jeux vidéo ?

hyperesthésie et jeux vidéo

Maintenant que vous savez ce qu’est l’hyperesthésie et la façon dont elle se manifeste, je voudrais vous parler un peu de mon expérience. L’hyperesthésie fait partie de mon quotidien depuis de longues années maintenant. Ce n’est que petit à petit que j’ai appris à la reconnaître et à l’apprivoiser. Elle touche tous mes sens mais particulièrement ma vue et mon ouïe. Cela m’a parfois causé de l’inconfort, notamment dans ma pratique des jeux vidéo.

Mon objectif est tout d’abord de vous montrer que vous n’êtes pas seul, beaucoup vivent la même chose que vous. Peut-être que vous vous reconnaîtrez dans mon discours, si c’est le cas je vous invite à appliquer mes conseils dans l’espoir qu’il vous soulage vous aussi.

Luminosité et éléments à l’écran

Depuis l’enfance, je passe mon temps à éteindre les plafonniers et les lumières vives. J’installe dans chaque pièce de ma maison des lampes jaunes et tamisées. J’ai en horreur les ampoules blanches et trop intenses. Les écrans n’échappent pas à la règle, lorsque la lumière est trop vive, elle m’est insupportable, elle me donne des maux de tête et des douleurs aux yeux.

Il n’y a pas que ça qui me dérange. Lorsque dans un jeu, il y a trop de lumière, trop de PNJ ou de monstres, trop de décors bref, trop de tout, j’ai beaucoup de mal à me focaliser sur l’essentiel, pour ne pas dire que c’est mission impossible. Je suis attirée par tous les éléments à la fois et les effets lumineux me dérangent et me font plisser les yeux. Sur World of Warcraft par exemple, j’ai souvent été gêné lors des raids ou des donjons lorsqu’il y avait trop d’éléments affichés à l’écran. D’autant plus que les MMORPG sont les rois pour vous coller des widgets absolument partout. C’était un calvaire pour moi de me concentrer sur mon cycle de DPS, sur les attaques à éviter, mes propres points de vie et la stratégie du boss. J’ai longtemps pensé que j’étais nulle avant de comprendre que je pouvais adapter le jeu à moi.

Quelques solutions

  • Baisser la luminosité de votre écran ou de votre jeu. Certains vous proposent cette option dans les menus graphiques. Vous gagnerez en confort et en efficacité en vous servant de cette fonctionnalité.
  • Supprimer les éléments graphiques qui ne sont pas essentiels. Beaucoup de jeux vous donnent la possibilité de réduire ce qui s’affiche à l’écran, n’hésitez pas là non plus à utiliser ses options.
  • Ne pas se forcer. Même si vos amis continuent de jouer, même si vous aviez vraiment envie de continuer cette quête, si vous vous sentez fatigué : arrêtez-vous. Vous ne ferez rien de bon si votre vue vous dérange et qu’un mal de tête pointe le bout de son nez. Écoutez vos besoins, et pour cela je vous renvoie cet article de Céline : Je fais passer mes besoins avant ceux des autres.

Musiques et bruitages

Il en va de même avec la musique et les bruitages. Lorsque tout se superpose à des intensités trop fortes, je suis incapable de continuer à jouer. Je joue très régulièrement avec le son du jeu coupé, cela ne me dérange absolument pas. Je ne peux pas me concentrer sur trop d’information à la fois, et souvent le son fini tout simplement par me prendre la tête. Je cite encore une fois les MMORPG, mais pour peu qu’il y ait le son des attaques de tous les joueurs, les bruitages du boss et sa guilde sur Discord, couplé aux effets visuels et à la luminosité parfois trop forte, c’est tout absolument intenable pour moi.

Quelques solutions

  • Si vous êtes gênée, vous pouvez tout simplement baisser le son du jeu au minimum ou bien le couper. Cela vous permettra de vous concentrer sur le plus important. Bien entendu, si le jeu se sert du son pour vous indiquer des choses, par exemple des attaques spéciales, vous pouvez baisser la musique et laisser les bruitages. Trouver votre équilibre !
  • Prêter attention à la qualité de vos enceintes ou de votre casque, c’est un point très important souvent négligé. Un son clair et de bonne qualité vous aidera à mieux distinguer les bruitages sans qu’il en ressorte un mélange inaudible. Personnellement, un casque confortable aussi bien au niveau du son que des oreillettes m’a beaucoup aidé.
  • Comme pour la luminosité, surtout écoutez-vous et trouvez les ajustements qui vous conviennent.

Le toucher

Il n’y a pas que la vue et l’ouïe qui peuvent être source de dérangement lorsque l’on joue aux jeux vidéo, le toucher peut aussi compter. Avoir des périphériques dont vous appréciez l’utilisation est essentiel. Si vous ne supportez pas la texture de votre clavier, de votre souris ou de votre tapis de souris, alors n’hésitez pas à en changer. Tout doit être fait pour que vous vous sentiez à l’aise et confortable.

hyperesthésie et jeux vidéo

Conclusion

L’hyperesthésie est une manifestation assez peu connue et dont on parle encore trop peu, cependant, nous sommes nombreux à prendre sur nous au quotidien pour supporter cette sensibilité accrue de nos 5 sens. Il peut être très rapide de penser que l’on a un problème, que l’on n’est pas assez performant ou trop compliqué, mais ce n’est pas vrai. Lorsqu’il s’agit de votre pratique personnelle, je vous assure que tout mettre en œuvre pour votre confort vous fera gagner non seulement en plaisir, mais aussi en efficacité. 

Juliette Defrance

Rédactrice

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