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Tunic, se réconcilier avec l’exigence

À peine un mois après la sortie d’Elden Ring, alors que je me remettais péniblement de la déception dont je vous ai parlé dans cet article, Tunic a fait son apparition dans mes recommandations comme un OVNI. Il y a cinq ans, lorsque le jeu a été annoncé pour la première fois, j’étais déjà une grande consommatrice de jeux vidéo mais je ne m’intéressais pas autant aux actualités qu’aujourd’hui. Et curieusement, alors que je travaille depuis bientôt un an dans ce milieu, il était totalement passé sous mes radars. Je ne me suis donc intéressé à Tunic que le jour de sa sortie, ce qui a sûrement favorisé mon émerveillement.

J’ai très rapidement eu l’envie d’écrire un article à son sujet, même si de nombreux tests sont déjà sortis. Vous le savez, sur ce blog, nous parlons avant tout de nos ressentis avant de parler de caractéristiques techniques. Et des choses, Tunic m’en a fait ressentir. Alors je vous emmène avec moi dans cette aventure.

Mes premiers pas

Puisque Tunic était disponible sur le Xbox Game Pass dès sa sortie, j’ai décidé de ne rien lire ou regarder à son sujet. Je l’ai lancé sans avoir aucune info, ce qui ne m’arrive jamais. La première chose qui m’a séduite, ce sont bien évidemment les graphismes. Tunic est un bijou visuel. Chatoyant, coloré, tout en rondeur et en lumière, impossible de ne pas se laisser charmer. Forêts enchantées, ruines suspendues, plaines enneigées, le jeu n’aura de cesse de vous surprendre. Chaque détail de la direction artistique est soigné, sans parler du fait que votre personnage est un adorable petit renard.

Mais ne vous y trompez pas, tout cela est un piège monté de toutes pièces pour vous amadouer dans un univers sans pitié. Après avoir découvert la première partie du décor, après vous être rendu compte que vous étiez plongé dans un délice visuel et auditif, vous découvrez la véritable nature du jeu. Comme ces champignons colorés qui ne vous donnent qu’une envie, croquer dedans afin de vous tuer sans scrupule. J’exagère ? À peine. Tunic est un jeu extrêmement exigeant. Loin d’être aussi enfantin et facile d’accès que ces graphismes peuvent le laisser penser, il vous donnera plus d’une fois l’envie de tout laisser tomber. Toutefois, contrairement à d’autres titres, le jeu offre juste ce qu’il faut de difficulté, sans jamais tomber dans l’excès. Et c’est de ça dont nous allons parler. 

Une exigence enfin bien dosée

Seul au monde

Parlons rapidement de ce qui rend Tunic aussi exigeant. Tout d’abord, il ne faut pas vous attendre à être pris par la main. Vous serez souvent laissé seul face à vous-même. Aucune narration ne sera là pour vous indiquer dans quelle direction aller, vous devrez décider du chemin à emprunter et tenter d’atteindre votre prochain objectif.

Quelques panneaux sont bien disposés ici et là, mais ne comptez pas sur eux, toutes les inscriptions sont codées. Tunic possède son propre langage et ne vous propose quasiment aucune traduction. Vous pourrez vous servir des dessins et de quelques mots notés en français, mais rien de plus. Tout est sous la forme d’une énigme. Aucune mini map et aucun journal de quêtes, l’aventure est loin d’être linéaire sachez-le. Il faut donc être un minimum concentré, car vous ne pouvez pas vous permettre de passer à côté d’une information capitale en flânant gaiement, d’autant plus qu’aucune grosse flèche ne sera présente pour vous indiquer ou regarder.

Des passages secrets... très secrets

À la manière des anciens Zelda, Tunic joue énormément sur les perspectives. De nombreux chemins, parfois cruciaux pour votre aventure, sont cachés derrière le décor. Cette façon de se servir de la profondeur est très ingénieuse et donne une toute nouvelle dimension au gameplay. Le level design est tellement riche que vous pourrez passer une dizaine de fois dans une salle sans vous rendre compte que ce que vous cherchiez se trouvait derrière un rocher, bien dissimulé. Tout est connecté et tout est inventif.

Attention, je ne dis pas que la frustration n’est pas présente, mais il suffit de faire confiance au jeu. On comprend rapidement que Tunic n’est pas là pour nous punir, on a même l’impression de faire partie d’un tout qui nous dépasse. D’atterrir sans contexte dans un monde qui n’est pas là pour nous guider, mais dans lequel on doit naviguer, sans que personne ne nous prenne par la main. Cet aspect m’a donné une véritable bouffée de nostalgie, et surtout une certaine fascination pour ce monde créé de toutes pièces, sans être au service des joueurs.

Plus encore, on sent que le jeu nous fait confiance, nous montre que l’on est capable de trouver l’information par nous-même. La curiosité et la réflexion sont récompensées sans jamais être punitive. Je me répète, mais cette impression que les choses se déroulent malgré nous et que la difficulté n’a pas été créée pour le joueur fait qu’on se sent respecté. L’exploration est une expérience délicieusement difficile, pour peu que vous soyez dans les bonnes conditions pour vous y atteler. Ce n’est pas un jeu auquel vous devez jouer en étant épuisé ou énervé, bien au contraire. Cet aspect du jeu vous permettra de faire travailler votre réflexion, votre concentration, votre sens de l’observation et votre logique. Soyez attentif à tout, laisser vous totalement porté par l’univers et l’expérience n’en sera que meilleure. 

Les combats

Bien entendu, ceux qui connaissaient le jeu savent que j’ai éclipsé pour le moment toute une partie du gameplay : les combats. La raison à cela est simple, j’ai joué en mode invincible. Ne me jetez pas de pierre, je vous renvoie une nouvelle fois à mon article sur Elden Ring pour vous faire comprendre que la difficulté dans un jeu vidéo, ce n’est pas pour moi. Dans Tunic, si l’exploration n’est pas punitive, les combats le sont. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’il a été maintes fois comparé aux Souls, car on s’en rapproche dangereusement.

Pour vaincre les mobs comme les boss, vous devrez avoir une parfaite maîtrise de votre personnage et du timing de vos esquives. Parade et roulade seront indispensables si vous ne voulez pas voir votre barre de vie fondre comme neige au soleil. Chaque mort vous fera réapparaître au checkpoint précédent, et vous pourrez récupérer vos pièces et votre âme à l’endroit où vous êtes tombé. J’ai joué plusieurs heures ainsi avant de découvrir qu’on pouvait choisir d’être invincible, j’ai effectivement trouvé les combats très dur. Comme dans un Souls, il faut savoir faire preuve de sang-froid, garder le contrôle de ses émotions pour être réactif et surtout persévérer alors que vous mourrez encore et encore. 

Mais là où Tunic me séduit totalement, c’est que le mode invincible n’exclut pas les combats, il vous empêche seulement de perdre de la vie. On ne passe donc pas à côté de la moitié du gameplay en choisissant de l’être, il permet juste de se concentrer sur l’exploration et les énigmes. Un mode facile aurait été appréciable afin de ne pas avoir à choisir entre tout ou rien, mais je pinaille. J’ai apprécié de me laisser totalement guider par le jeu, sans me sentir humilier par un mode qui aurait enlevé tout le challenge

Conclusion

Tunic m’a charmé, à la fois par ses graphismes, ses énigmes et l’exploration d’un monde fantastique et conçu avec beaucoup d’ingéniosité, mais aussi par sa façon de valoriser le joueur quelle que soit sa manière de jouer et ses choix. Cette confiance que le jeu place en nous, cette certitude que nous pouvons réussir est une véritable bouffée d’air frais et de bien-être. J’ai volontairement fait abstraction de l’intrigue afin que ceux qui veulent le découvrir s’y plongent de la même façon que moi, sans rien savoir. 

Juliette Defrance

Rédactrice

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